L'Enseignant.

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L'Enseignant.

Message  Telimectar le Ven 6 Fév 2009 - 18:28

Qui enseigne?
Pourquoi est-ce lui qui enseigne?
Qu'est ce même qu'un bon enseignant?

l'Enseignant : Savant ou pédagogue?

je retranscrit ici le résumé d'une table ronde sur le sujet : (pris ici)

Gilbert Boss: Pédagogie et éducation
Durant la table ronde, j'avais l'impression que le débat, quoique vif, n'était pas centré sur une opposition bien nette. Ni M. Gauthier, ni M. Gagné ne croyaient en une science pédagogique. Tous deux pensaient également qu'il y avait des trucs du métier qu'il était bon de connaître. Mais ils plaçaient l'accent à des endroits différents: d'un côté sur l'importance de l'apprentissage de ces procédés et de leur développement, de l'autre sur le caractère essentiel de l'engagement du professeur dans la matière qu'il enseigne, afin de lui permettre de transmettre son enthousiasme ou du moins son intérêt. A partir de là, les critiques consistant à remarquer que les procédés pédagogiques à eux seuls ne suffisent pas à permettre l'enseignement efficace d'une matière, ou inversement que la parfaite naïveté de l'enseignant face à la réalité pédagogique pouvait compromettre son aptitude à transmettre son enthousiasme, ne pouvaient pas porter vraiment, puisque la question était plutôt celle du juste équilibre entre les deux. C'est certes une question pratique importante, qui mérite d'être discutée, mais, vu la nature du problème, plutôt dans une discussion de recherche que dans un débat contradictoire.

Il me semble qu'il y a en revanche un autre problème concernant la relation entre la science et la pédagogie dans l'enseignement: celui de savoir où doit se situer le principe régulateur. Il y a certes des conceptions diverses de l'éducation, et ce sont des formes très différentes de rapports entre les enseignants et leurs élèves qui leur correspondront. Impossible de nier l'importance extrême de ces options possibles. Par exemple, l'élève doit-il être éduqué à s'insérer simplement dans un ordre déjà existant ou bien à comprendre cet ordre et d'autres pour participer à l'invention de modes de vie plus satisfaisants encore? La relation pédagogique sera très différente dans les deux cas. Et les procédés pédagogiques pertinents ne seront pas non plus les mêmes. Ces questions requièrent donc une réflexion fondamentale sur la pédagogie comme telle, en grande partie indépendamment des sciences particulières constituées dans la société et estimées devoir être transmises. En effet, le rapport même que doivent avoir les élèves à ces sciences sera différent selon les options choisies, et ce n'est pas la connaissance de ces sciences comme telle qui pourra déterminer quel doit être ce rapport. Mais il est certain que cette réflexion, pour être plus spécifiquement pédagogique, ne se résume pas, et de loin, à la recherche de procédés pédagogiques tirés de l'expérience habituelle. Elle devrait au contraire permettre de juger de l'utilité de ces procédés.

Maintenant, en partant de l'autre extrémité, une fois qu'une discipline a été jugée digne d'être enseignée, en tant qu'elle est par exemple formatrice par elle-même, ou utile simplement, alors il y a des exigences propres à cette discipline qui vont déterminer la pédagogie à utiliser. Ainsi, lorsqu'il s'agit de former des gens à la recherche scientifique dans un domaine particulier, ce sont les méthodes de cette recherche, la discipline de l'esprit qu'elle implique, qui vont déterminer la pédagogie à utiliser, et non quelque psychologie de la transmission des savoirs en général. S'il faut seulement donner quelques savoirs à des gens qui auront à les appliquer sans les comprendre plus qu'il ne faut pour cet usage, alors de nouveau, cette orientation pratique va déterminer la méthode de l'enseignement, et cela d'une manière qui pourra différer pour chaque discipline autant que les pratiques liées aux diverses matières enseignées diffèrent à leur tour entre elles. Autant dire par conséquent que, dans cette perspective, il y aura autant de pédagogies que de genres de disciplines différentes, et que c'est la connaissance de ces disciplines qui va permettre la définition de ces méthodes pédagogiques.

Ne se pourrait-il pas que la première perspective, celle d'une conception pédagogique générale, doive dominer dans la pratique et dans la formation pratique de l'enseignement des premières années, où les connaissances spécialisées sont encore limitées, et que la seconde perspective doive être amenée à dominer de plus en plus dans l'enseignement plus avancé, jusqu'au moment où, dans l'éducation supérieure, les considérations pédagogiques soient entièrement dépendantes des disciplines enseignées, et même des méthodes particulières enseignées? Certes, la réflexion sur ce que doit être l'éducation ne devrait disparaître à aucun niveau. Mais une fois par exemple qu'on a décidé qu'il était important que certains consacrent le plus clair de leur temps au progrès des mathématiques, c'est l'insertion dans la pratique de la recherche mathématique qui doit commander l'enseignement.

Il me semble que notre société pèche des deux côtés. D'une part, elle ne sait pas trop quel type d'homme elle veut former, et elle reste donc incapable d'élaborer des principes pédagogiques généraux raisonnés. D'autre part, elle ne croit pas à la valeur de formation des diverses disciplines (ni de la pensée et de la discipline intellectuelle comme telle), et elle cherche pour cette raison à en soumettre l'enseignement à quelques procédés pédagogiques d'ordre général, non réellement pertinents, voire plutôt gênants.

à vos avis...
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Telimectar
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