Controverse sur la psychologie des idéologies (de l'Islam en l’occurrence)

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Controverse sur la psychologie des idéologies (de l'Islam en l’occurrence)

Message  Telimectar le Dim 12 Déc 2010 - 1:38

Un texte que j'ai trouvé intéressant, et qui, navré de le dire, rejoint ce que je pense. A savoir non par sur l'islam politique et la psychologie qu'elle induit, mais sur le comportement des gens en général (et donc l'islam politique ou fondamentaliste n'est là qu'un exemple) jusqu'au moment où leur présence devient incompatible avec l'exercice du droit fondamental des autres (vouloir intégrer des éléments de croyances comme la charia ou le talmud je ne sais quoi...).

A lire et à réfléchir.

Musulmans et Occidentaux : Les différences psychologiques, par Nicolai Sennels

Le contexte

27 février 2008. Un mercredi froid et venteux (pour un cycliste comme moi), j'ai pris une grande inspiration, j'ai saisi le micro et j'ai fait quelque chose qui a changé ma vie. Devant le bureau de l'adjoint au maire de Copenhague pour l'intégration et les services sociaux étaient rassemblés plusieurs journalistes, un fidèle musicien musulman du célèbre groupe Outlandish de MTV, des dizaines d'imams et de porte-paroles musulmans et quelque deux cents travailleurs sociaux d'origine danoise ou musulmane. J'ai commencé à dire ce que tout le monde savait déjà mais que personne ne voulait ou n'osait dire : à savoir que ceux que l'on désigne sous les appellations de criminels étrangers, d'extrémistes religieux ou d'apprentis terroristes et qui sont à l'origine de sociétés parallèles criminelles (c'était le thème de la conférence « Diversité et sécurité dans la ville ») sont tous des musulmans. J'ai expliqué qu'il fallait cesser de parler de « criminels étrangers » et se mettre à user d'un terme plus précis : « criminels musulmans ». En tant que psychologue ayant eu affaire à plus d'une centaine de patients musulmans, je leur ai dit que les politiciens et les travailleurs sociaux doivent comprendre le contexte culturel et religieux des criminels étrangers. Au moins si on veut pouvoir mettre sur pied des plans un peu efficaces et ciblés pour calmer l'agitation sociale, les mouvements religieux antidémocratiques et les forces antisociales et violentes qui parcourent les étrangers.

J'ai été vivement critiqué de toutes parts et personne ne m'a soutenu !

En fait, je tentais de mettre fin à la prétendue stigmatisation de tous les immigrés non musulmans en mettant l'accent sur le seul groupe responsable de tous les problèmes. Comme pour les soldats au front, où la plupart sont tués lors de la première attaque, beaucoup de ceux qui s'en sont pris au politiquement correct ont souffert de conséquences sociales ou professionnelles négatives. Et je n'ai pas fait exception. L'adjoint aux services sociaux de la mairie a été clair : soit je cessais d'utiliser des expressions stigmatisantes, soit je me trouvais un autre emploi. En fait, je tentais de mettre fin à la prétendue stigmatisation de tous les immigrés non musulmans en mettant l'accent sur le seul groupe responsable de tous les problèmes. Mais on ne peut pas lutter contre la mairie. Nos plus grands journaux et programmes d'information à la radio se sont saisis de l'affaire et le maire a été vivement critiqué par les experts médiatiques de la liberté d'expression et par la blogosphère danoise. Pendant un mois environ, il ne s'est pas passé un jour sans que mon nom soit cité dans un ou plusieurs journaux, et les combattants de la liberté d'expression sont revenus à la charge. Je n'étais plus un psychologue anonyme. Mon nom était connu de tous les lecteurs de journaux au Danemark et ce sont tout particulièrement les blogs critiquant l'islam sur Internet qui m'ont mis sous la lumière des projecteurs.

...on a vraiment besoin d'une discussion sérieuse sur les liens entre la culture musulmane et les comportements criminels et antisociaux. Au lieu de me taire, j'ai décidé d'écrire un livre sur mon expérience avec les musulmans, en me fondant sur des centaines de séances de thérapie. Tout le cirque qu'on avait fait autour de moi avait déjà montré à quel point il était nécessaire de briser les tabous relatifs aux musulmans criminels. Qui plus est, on a vraiment besoin d'une discussion sérieuse sur les liens entre la culture musulmane et les comportements criminels et antisociaux. J'ai réussi à négocier un départ avec une indemnité de quatre mois de salaire. Je suis probablement le premier psychologue de Copenhague à qui on ait offert 20 000 dollars pour quitter volontairement son poste. Je pense qu'ils voulaient juste se débarrasser de moi aussi tôt que possible. J'ai trouvé un travail bien payé comme psychologue à l'armée, pour faire du débrouillage psychologique chez les soldats revenant d'Afghanistan. J'ai également commencé l'écriture de mon livre, où je décris le profil psychologique de la culture musulmane. Le livre s'intitule « Parmi les musulmans criminels : expérience d'un psychologue à la municipalité de Copenhague » (Among Criminal Muslims: A Psychologist's Experiences from the Copenhagen Municipality, Free Press Society, 2009).

Après avoir vu en thérapie 150 jeunes musulmans et 100 Danois (qui avaient en moyenne le même âge et étaient issus du même contexte social que leurs camarades musulmans), j'ai observé que les expériences culturelles et religieuses des musulmans jouaient un rôle central dans leur développement psychologique et dans leurs conduites criminelles. L'expression « criminels étrangers » n'est pas seulement un terme général et imprécis. Elle est injuste pour les étrangers non musulmans et d'une manière générale elle est trompeuse.

...tous les groupes musulmans sont plus criminels que tout autre groupe ethnique. Il est important de discuter des caractéristiques psychologiques de la culture musulmane. Il y a au Danemark des étrangers venus du monde entier et, à en croire les statistiques officielles de Danmarks Statistik, tous les groupes d'immigrants non musulmans ont une criminalité plus basse que les Danois de souche. Même après correction en fonction des niveaux scolaires et économiques, tous les groupes musulmans sont plus criminels que tout autre groupe ethnique. Dans la prison pour jeunes où je travaillais, sept détenus sur dix étaient musulmans.

Le livre a été l'objet de revues dans plusieurs journaux et magazines et il a donné le coup d'envoi au débat danois sur les liens entre contexte culturel et comportement criminel. Le Danish magazine for professional psychologists (destiné aux psychologues professionnels) a écrit :

...Among Criminal Muslims est un ouvrage qui fait ouvrir les yeux, provocant, convaincant et bien informé, avec de nombreux exemples concrets.
Le magazine professionnel des enseignants d'adolescents a écrit :

Les réflexions de Sennel et la discussion critique sur nos efforts en direction des jeunes criminels méritent d'être largement connues.
Notre plus grand journal national, Jyllands-Posten, celui qui a publié les caricatures de Mahomet, a écrit :

Ce livre est le travail original d'un pionnier, qui met l'accent sur la responsabilité de l'individu et évoque l'impact de la religion sur la constitution de l'identité d'un jeune.
Voici un résumé de quelques uns des points que j'ai découverts.

La colère

Dans la culture musulmane, la colère est vue de manière très différente et opposée, sous plusieurs aspects, à la manière dont nous la percevons ici, en Occident.

Dans la culture musulmane, les comportements agressifs, et en particulier les menaces, paraissent être généralement admis et même attendus comme moyen de traiter les conflits et les tensions sociales. Dans la culture occidentale, la colère et la menace sont probablement la manière la plus rapide de perdre la face. Dans une discussion, celui qui se met en colère a automatiquement perdu, et j'imagine que la plupart des gens ont obervé l'impression de honte et la perte de statut social qui font suite à une manifestation d'agressivité au travail ou à la maison. Dans la culture musulmane, les comportements agressifs, et en particulier les menaces, paraissent être généralement admis et même attendus comme moyen de traiter les conflits et les tensions sociales. Si un musulman (pas une musulmane, car le plus souvent on attend d'elle qu'elle soit humble et ne manifeste pas de pouvoir) ne répond pas à l'insulte ou à la tension sociale par des menaces, il est perçu comme faible, comme quelqu'un sur qui on ne peut pas compter, et il perd la face.

Aux yeux de la plupart des Occidentaux, les comportements menaçants adoptés pour marquer son désaccord sont vus comme immatures et puérils. Selon un proverbe danois, « seuls les petits chiens aboient, les gros n'en ont pas besoin ». Ce proverbe est profondément ancré dans notre psychologie culturelle, c'est l'un des principes de base d'un comportement social civilisé. Pour nous, l'agressivité est un signe manifeste de faiblesse. C'est le signe que la personne ne se contrôle pas et qu'elle est incapable de gérer la situation. Nous percevons la capacité des gens à rester calmes comme traduisant la confiance en soi et permettant d'élaborer un dialogue constructif. La connaissance des faits, le recours au bon sens et la capacité à présenter des arguments valables sont perçus comme des signes de force.

L'expression islamique de « sainte colère » est donc parfaitement contradictoire avec la pensée occidentale. Ces deux mots mis ensemble, nous les percevons comme contradictoires. La menace terroriste et la réaction violente des musulmans à l'affaire des caricatures danoises de Mahomet, montrant leur prophète comme un homme prêt à recourir à la violence pour répandre son message, nous font sourire : la réaction agressive des musulmans à un dessin montrant leur prophète comme agressif confirme absolument la vérité du constat dressé par Kurt Westergaard dans son dessin.

Cette différence culturelle est extrêmement importante quand on a affaire à des régimes ou des organisations islamiques. Notre manière de traiter les désaccords politiques passe par le dialogue diplomatique et appelle les leaders musulmans à user de compassion, de compromis et de bon sens. Cette approche pacifique est perçue par les musulmans comme l'expression d'une faiblesse et d'un manque de courage. Ainsi, éviter le risque d'un vrai combat est perçu par eux comme une faiblesse ; dans la culture musulmane, c'est une invite à l'exploitation.

Le centre de contrôle

Il y a une autre grande différence entre les gens de cultures occidentale et musulmane : leur centre de contrôle. Le centre de contrôle est une expression de psychologie qui décrit si les gens ont le sentiment que leur vie est principalement sous l’influence de facteurs internes ou externes. D’un point de vue psychologique, il est clair que les Occidentaux ont le sentiment que leur vie est principalement sous l’influence de forces internes : nous-mêmes. Cela se traduit dans nos points de vue, notre manière de gérer nos émotions, nos modes de pensée, nos relations avec notre entourage, nos motivations, nos excès et notre manière de communiquer. Ce sont ces facteurs internes qui guident notre vie et déterminent si nous nous sentons bien et si nous avons confiance en nous ou pas. Toutes les bibliothèques en Occident ont plusieurs mètres d’étagères pleines de livres sur les moyens de s’aider soi-même. Tous les kiosques affichent des dizaines de magazines pour hommes ou pour femmes qui nous disent comment nous construire une vie plus heureuse et plus réussie. Nos annuaires téléphoniques ont des colonnes entières d’adresses de psychologues, de coaches et de thérapeutes. Tout cela vise à nous aider à bâtir la vie que nous voulons. Certains diront peut-être que toute cette introspection est excessive et qu’il serait plus constructif de se limiter à faire ce qui est utile pour soi-même et pour les autres, ici et maintenant ; mais notre culture est ainsi faite.

Tout cela n’existe pas dans la culture musulmane et dans les pays musulmans. Le peu de psychiatrie et de psychologie qui est enseigné, et cela dans un très petit nombre d’universités du monde musulman, est importé de l’Occident. L’enseignement de ces sujets est dispensé pour l’essentiel par des professeurs formés dans des universités occidentales et tout cela n’a aucune racine dans la culture musulmane.

Mais les musulmans ont quelque chose d’autre. Ils ont des règles externes strictes, des traditions et des lois qui régissent le comportement humain. Ils ont un dieu qui décide du cours de leur vie. « Inch’Allah » vient tout de suite après toute déclaration sur des plans pour l’avenir : si dieu veut. Ils ont de puissants religieux musulmans qui fixent chaque vendredi l’orientation de leur communauté. Ces religieux disent ce qu’il faut penser en politique, comment il faut élever ses enfants, et comment ou pourquoi s’intégrer ou non aux sociétés occidentales.

Le centre de contrôle est un élément essentiel de la manière dont nous comprenons les problèmes et leurs solutions. Quand on est élevé dans une culture où on apprend que « je suis le maître de ma destinée : je suis le capitaine de mon âme », comme l’écrivait William Ernest Henley dans son célèbre poème Invictus, en 1875, on regarde à l’intérieur de soi en cas de problème, et on se demande : « où ai-je fait une erreur ? » et « que puis-je faire pour modifier la situation ? ». Les gens à qui on a appris toute leur vie que les règles extérieures et les traditions sont plus importantes que la liberté individuelle et la réflexion sur soi se demandent : « qui m’a fait ça ? » et « qui peut faire quelque chose pour moi ? »

Dans les sociétés bâties sous l’influence de l’islam et du Coran, il y a sans doute moins de sentiment de culpabilité et les gens sont donc plus libres d’exiger que l’environnement s’adapte à leurs propres souhaits et désirs. Le centre de contrôle est donc un élément capital de la manière dont le sujet comprend la liberté et la responsabilité. Même si nos sociétés de culture chrétienne donnent dans certaines situations trop d’importance aux sentiments de culpabilité, elles renforcent chez les gens la notion qu’ils sont capables de prendre en charge leur propre vie et de la modifier. Dans les sociétés bâties sous l’influence de l’islam et du Coran, il y a sans doute moins de sentiment de culpabilité et les gens sont donc plus libres d’exiger que l’environnement s’adapte à leurs propres souhaits et désirs. Il peut s’agir par exemple de l’exigence de porter des vêtements islamiques, ce qui peut aboutir à exiger encore davantage d’islamisation de nos sociétés occidentales, mais c’est aussi une puissante source de positions victimaires, ce qui conduit à des exigences sans fin auprès de la société environnante.

De manière très concrète, cette tendance culturelle se manifeste dans les thérapies, sous la forme d’une absence de remords. La réponse classique des musulmans violents était toujours : « ...c’est de sa faute si je l’ai frappé. Il m’a provoqué ». Ces excuses montrent que les gens vivent leurs propres réactions comme dues à des facteurs externes et non à leurs propres émotions, à leurs motivations et à leur libre décision. Quand on reçoit une insulte, on peut modérer ses sentiments en faisant un examen de conscience, mais ce genre de réflexion sur soi n’est pas aussi fréquent chez les musulmans que chez les Occidentaux. Il suffit d’une personne pour casser la figure à une autre : celle qui frappe. Il suffit aussi d’une personne pour se sentir insulté. Être frappé ou se sentir insulté sont donc deux faits sociaux parfaitement distincts. Le second ne dépend que de soi, alors que le premier n’est dû qu’à des circonstances extérieures. Malheureusement, cette différence n’est pas prise en considération dans la culture musulmane, et apparemment pas non plus par les gens favorables à des lois sur les discours de haine, le racisme et la diffamation.

La différence de mentalité est clairement affirmée par un vieux proverbe indien :

On peut se promener partout en douceur en mettant une paire de chaussures, ou en exigeant que la Terre entière soit recouverte de cuir souple.
C’est une question de centre de contrôle.

Réflexion sur soi et conséquences

J’ai observé chez les musulmans cette différence culturelle concernant le centre de contrôle. C’est la source de l’échec d’innombrables projets sociaux et d’intégration. En plus du soutien considérable apporté par nos systèmes d’aide sociale, nos états proposent aux jeunes criminels musulmans toute une gamme de distractions et de conseils, dans l’espoir que la reconnaissance et la confiance que provoquent normalement une telle générosité créeront une bonne relation, permettront le respect et pousseront à la volonté de coopérer. Mais lorsque le programme d’événements sociaux et de rencontres avec des travailleurs sociaux patients se termine et que l’on demande un comportement mature, le « respect mutuel » s’évapore bien souvent.

Les Occidentaux ont l’impression que ce sont « nos normes » qui déterminent les vraies conséquences chez les gens. Nous aimons à penser que, s’ils bénéficient de conseils et qu’on leur offre une deuxième chance, la plupart des gens tireront profit de ces conseils et sauront saisir leur chance pour s’améliorer. Nous avons peur de marquer des limites strictes parce que nous n’aimons pas que les gens se sentent punis, même si notre motivation est d’empêcher les gens de détruire leur propre vie et celle des autres.

Ce qu’il nous faut comprendre, c’est que nous devons avoir la souplesse nécessaire pour penser hors de nos propres cases culturelles. Je voudrais citer notre philosophe danois, Søren Kierkegaard. Dans son livre Either/Or: A Fragment of Life, il écrit :

« Si on veut véritablement aider quelqu’un, il faut commencer par trouver où il est. C’est le secret de l’art d’aider. Celui qui ne sait pas le faire est un arrogant ».
L'auto-critique et la responsabilité personnelle ont beaucoup moins d’importance pour eux.
Les politiciens européens, australiens et nord-américains ont dépensé des milliers de milliards d’euros et de dollars pour éviter ce qui est apparemment inévitable : l’échec de l’intégration des musulmans. On a dépensé de l’argent en offres volontaires que nos étrangers mal intégrés peuvent utiliser s’ils le veulent. Ils essaient parfois, mais c’est très rare que cela fonctionne. Ce que nous devons comprendre, c’est que nous avons affaire à des gens qui ont été élevés dans une culture où le centre de contrôle est extérieur. L'auto-critique et la responsabilité personnelle ont beaucoup moins d’importance pour eux.

Pendant mes années d’activité comme travailleur social, puis comme psychologue m’occupant d’individus antisociaux, j’ai compris que la seule manière raisonnable d’avancer est un processus en trois étapes :

Fournir aide et conseils. Si cela ne fonctionne pas, alors,
Instaurer des frontières et des limites. Si cela ne suffit pas, alors passer aux
Conséquences.
Ce que je dis ici peut sembler plus politique que psychologique. Cependant, c’est toute ma longue expérience des thérapies avec des musulmans qui m’a amené à cette affirmation : Nous ne devons pas permettre la destruction de nos villes par des sociétés parallèles sans loi et leurs bandes criminelles de pillards musulmans qui surchargent nos systèmes d’aide sociale, et la peur croissante et justifiée des non-musulmans devant la violence. Les conséquences devraient être suffisamment strictes pour que tout musulman antisocial en vienne à préférer retourner dans un pays musulman, où il pourra comprendre et être compris par sa propre culture.

Notre erreur, c’est que nous démarrons en étant très permissifs et qu’à mesure que les jeunes antisociaux font des fautes nous ne restreignons que lentement leur liberté. Pendant ce temps, très souvent, ces jeunes gens s’arrangent pour détruire leur propre vie par de mauvaises habitudes, de mauvais amis et de mauvais casiers judiciaires. Selon ma propre expérience et celle de nombreux collègues, la seule solution fonctionnelle est de tenir la laisse plus courte dès le départ. Alors, à mesure que les personnalités difficiles montreront qu’elles sont capables de gérer davantage de liberté, on pourra élargir leurs possibilités.

Cette manière de commencer en tenant la laisse courte est en fait très habituelle dans notre manière occidentale d’élever les enfants. Nous commençons avec des exigences strictes en matière d’école, de devoirs à la maison, et de bonne conduite. Puis, quand l’enfant grandit et mûrit, ses parents lui laissent davantage de liberté. À 21 ans, on estime qu’il a assez appris pour savoir vivre sa vie et il est libre de choisir l’éducation, le partenaire, la religion ou le mode de vie qu’il veut.

Dans la culture musulmane, c’est différent, surtout pour les garçons. Les enfants ont beaucoup de liberté au début de leur vie et, à mesure qu’ils grandissent, il semble que la structure familiale soit soutenue par des restrictions culturelles et religieuses de plus en plus nombreuses. Quand ils ont 20 ans, leurs parents ont souvent déjà choisi leur future femme ou leur futur mari. Les autres choix, eux aussi, sont moins libres : l’attente, par exemple, de l’obtention d’un statut élevé par l’éducation ou le travail dans la petite boutique familiale, le soutien à la réputation de la famille par la participation aux prières du vendredi à la mosquée locale. La « pyramide de l’éducation » est à l’envers en Occident : moins de liberté au début, plus de responsabilité quand on grandit. Dans la culture musulmane, la pyramide repose sur sa base : peu d’exigences quant à un comportement civilisé pour le jeune garçon, et moins de liberté quand il devient plus compétent, pour soutenir sa famille et sa religion.

L’identité musulmane

D’après mon expérience avec les 150 musulmans que j’ai eus en thérapie, seuls une poignée se sentaient danois. La plupart se sentaient somalis, turcs, pakistanais et irakiens, vivant désormais au Danemark. Pratiquement aucun d’entre eux ne se considérait comme partie intégrante de la société danoise. Ils se sentaient aliénés et opposés aux Danois et à la société danoise. Ils ne se sentaient pas chez eux.

Parmi les musulmans, les plus populaires étaient les vrais islamistes. Cela avait été pour moi un véritable choc. Beaucoup de mes patients musulmans étaient des immigrés de la deuxième ou même de la troisième génération, mais malgré tout ils ne se sentaient pas danois. En fait, il semblait que beaucoup d’entre eux étaient encore plus religieux et haineux à l’égard des non-musulmans que leurs parents de la première génération. Il était clair pour moi qu’ils se considéraient comme très différents et même meilleurs que les non-musulmans. Les jeunes Danois qui manifestaient de l’intérêt pour l’islam étaient tout de suite vus d’un bon œil, même par des musulmans non pratiquants. Il en était de même des musulmans plus fondamentalistes. Les cercles de pouvoir se constituent toujours autour des musulmans les plus observants, fanatiques et puissants. Parmi les musulmans, les plus populaires étaient les vrais islamistes. Le portrait général de ces personnages est celui d’un homme, portant une barbe bien taillée, des lunettes élégantes. Il a une attitude arrogante, des manières et des vêtements raffinés, et sur son lit on trouve le Coran et des CD de lecture du Coran. Typiquement, ces hommes apprennent une poignée de théories de la conspiration « prouvant » que l’Occident, et tout particulièrement les États-Unis et les quelques millions de juifs laissés sur cette Terre, sont la cause de tous les problèmes du monde musulman.

Je n’ai tenu aucune statistique d’aucune sorte, mais mon expérience reflète clairement plusieurs projets de recherche sur l’identité musulmane en Europe. Une enquête française dans Le Figaro a montré que seuls 14 pour cent des 5 millions de personnes auxquelles on estime la population musulmane du pays se sentent « plus français que musulmans ». Des recherches conduites par le ministère allemand de l’Intérieur montrent que seuls 12 pour cent des musulmans vivant en Allemagne se considèrent comme plus allemands que musulmans. Une enquête danoise publiée par l’organisation promusulmane et prodémocratique Democratic Muslims, conduite par le parlementaire danois musulman Naser Khader a montré que seuls 14 pour cent des musulmans vivant au Danemark s’identifiaient comme à la fois « démocrates et danois ». Par ailleurs, Naser Khader a fait une critique de mon livre :

L’expertise professionnelle de Nicolai Sennels, quel que soit le parti auquel il appartient, est exceptionnelle et, avec les exemples pratiques clairs qu’il présente tout au long du livre, le lecteur s’approche infiniment plus de la compréhension de quelques uns des problèmes d’intégration. Lire ce livre devrait être une obligation pour tous les professeurs, les travailleurs sociaux et les municipalités.
Khader étant lui-même musulman et ayant publié un livre sur la culture musulmane (L’honneur et la honte), c’est un véritable compliment pour mes conclusions psychologiques.

Il est clair que le fait d’être musulman passe avant toute identité nationale. Il est clair que le fait d’être musulman passe avant toute identité nationale. Samuel P. Huntington - auteur du livre Le choc des civilisations - a décrit un modèle en « U ». Mes constats sont très proches de ceux de Huntington. Les sommets des deux « tours » du « U » sont les endroits où les musulmans se sentent « appartenir à l’Oumma » (la communauté musulmane mondiale) et « appartenir à la tribu » (se rassembler entre musulmans dans la même région géographique). À la partie basse du « U » se trouve l’identité nationale. Pour les Occidentaux, c’est l’inverse, notre « U » est à l’envers. Notre sentiment de devoir envers le pays où nous vivons est plus fort que notre religion ou notre groupe.

Si l’intégration ... implique aussi d’acquérir l’habitude mentale de respecter également les non-musulmans, elle est tout simplement impossible pour la plupart des musulmans. Si l’intégration se limite à apprendre la langue et à trouver un travail, elle n’a rien de particulièrement difficile. Mais si elle implique aussi d’acquérir l’habitude mentale de respecter également les non-musulmans, elle est tout simplement impossible pour la plupart des musulmans. Ils se considèrent comme à part, cherchent toujours à vivre ensemble, créent leurs propres sociétés parallèles musulmanes/islamiques, se sentent différents et ont moins de respect pour les non-musulmans. La véritable intégration n’implique pas nécessairement une conversion religieuse. Mais, pour les musulmans, elle suppose sûrement une conversion culturelle. Il est manifeste que très peu de musulmans ont la volonté, la liberté sociale et la force de caractère nécessaires pour affronter un processus aussi exigeant psychologiquement.

Alors, telle est LA question : l’intégration des musulmans aura-t-elle lieu, de manière satisfaisante, jusqu’au degré nécessaire ? Si vous pensez que oui, sur quoi fondez-vous votre opinion ? Sinon, quelles seront selon vous les conséquences ?

L’honneur

L’honneur est une notion centrale dans la culture musulmane. De nombreux journaux danois ont connu la rage de masse des musulmans quand ils ont publié et republié les caricatures danoises de Mahomet. Ils se sont rendu compte que les musulmans se sentent très facilement offensés.

Quelle sorte d’honneur a besoin d’être protégée par des menaces de terreur et des boycotts ? S’agit-il vraiment d’honneur ? Peut-être si on regarde dans l’optique d’une culture fondée sur un livre écrit il y a 1400 ans. Mais, du point de vue de la psychologie occidentale moderne, ce n’est certainement pas le cas. De notre point de vue, ce comportement est plus proche du déshonneur.

Malheureusement, la culture musulmane dit à ses hommes que la critique doit être prise entièrement pour soi et qu’il faut y réagir de manière puérile. Devoir constamment faire attention à son aspect, se sentir peu sûr de soi et réagir avec agressivité en cas de critique, c’est le résultat d’une piètre estime de soi. Malheureusement, la culture musulmane dit à ses hommes que la critique doit être prise entièrement pour soi et qu’il faut y réagir de manière puérile.

Une vraie confiance en soi permettrait à l’individu de penser ou de dire : « D’accord. Vous avez votre opinion sur moi ou ma religion. J’en ai une autre et, comme je me fais confiance, je ne vous laisserai pas troubler ma vision de moi-même ou de mes valeurs essentielles ». Connaître ses propres forces et faiblesses et les accepter est au cœur de la confiance en soi.

Si vous passiez du temps dans une communauté musulmane, vous vivriez cela très clairement. Vous seriez tout le temps en train d’essayer de n’offenser personne et vous traiteriez tout le monde comme un œuf pourri. Plaisanteries, ironie et tout particulièrement autodérision n’existent pratiquement pas. Cela crée un environnement social superficiel où surgissent partout des hiérarchies malsaines parce que personne n’ose, par exemple, dénoncer les faiblesses des hommes puérils et se moquer des puissants. Un vieux conte de fées danois parle d’un petit garçon qui dit que le roi est nu : « Il n’a pas de vêtements ! », embarrassant ainsi le fier roi qui porte ses habits magiques imaginaires et seulement visibles par « le bon peuple » (en fait, le roi était effectivement nu, parce que le tailleur l’avait trompé !). Une telle histoire n’aurait jamais pu être écrite dans une culture musulmane.

De nombreux jeunes musulmans deviennent des agresseurs. Ce n’est pas seulement dû au fait que la culture musulmane admet l’agression, mais aussi au fait que le sens de l’honneur musulman les transforme en hommes fragiles et pas sûrs d’eux-mêmes. Au lieu d’être souples et de faire preuve d’humour, ils deviennent rigides et acquièrent des personnalités narcissiques, fragiles comme le verre.

Malheureusement, la plupart des journalistes et des médias utilisent le terme d’« honneur » quand ils décrivent des cas de violence où l’agresseur s’excuse en affirmant que son honneur a été blessé. La notion d’honneur étant complètement intégrée dans les règles sociales de la culture musulmane, la violence paraît justifiée lorsque l’honneur est menacé. Cela va jusqu’à frapper ou tuer des femmes qui réclament des droits humains aussi élémentaires que de choisir elles-mêmes leurs partenaires sexuels. En utilisant ce mot, de la même manière que l’agresseur, les médias adoptent automatiquement la vision de l’agresseur qui fournit une excuse narcissique et psychopathique aux mauvais traitements qu’il a infligés. Nous devrions au contraire nous fonder sur notre culture occidentale pour décrire ce genre de crimes. Des termes comme « exécution familiale », « jalousie infantile », « maniaque du contrôle » ou « pas sûr de lui » seraient bien plus proches de notre vision culturelle de ces comportements.

Les conséquences de l’échec de l’intégration ?

Le Forum économique mondial a publié un rapport intitulé Islam and the West: Annual Report on the State of Dialogue 2008 (Islam et occident : rapport annuel sur la situation du dialogue en 2008) où il présente les résultats d’une enquête menée dans 12 pays non musulmans et 12 pays musulmans. Le dernier point de ce rapport concerne la question suivante : « Pensez-vous qu’un conflit violent entre le monde occidental et le monde musulman peut être évité ? » La majorité des 24 pays pense que ce conflit peut être évité. Mais ce n’est pas la même chose que de penser que ce sera effectivement le cas. Massivement, 22 pays sur 24 ont pensé que « l’interaction entre le monde occidental et le monde musulman va de plus en plus mal ».

Cette enquête a clairement montré que, alors que l’espoir d’une issue pacifique aux tensions entre l’islam et l’Occident est très répandu, les gens paraissent très pessimistes.

Les choses ne vont pas dans le sens de la paix.

Je pense qu’un conflit violent peut être évité. Mais les chances d’aboutir à ce résultat deviennent de plus en plus minces mois après mois. Personnellement, mes conclusions sont en accord avec celles de l’enquête. Je pense qu’un conflit violent peut être évité. Mais les chances d’aboutir à ce résultat deviennent de plus en plus minces mois après mois. Nous avons franchi le point de non-retour il y a plusieurs années, à une époque où ce conflit aurait pu être évité sans mesures drastiques. Les mesures draconiennes à prendre seront peut-être de mettre fin à l’immigration musulmane, d’exiger une réforme des organisations et leaders islamiques en Occident, de resserrer les exigences en matière d’intégration, de devenir moins dépendants du pétrole du Moyen-Orient, d’inciter les pays pauvres et extrêmement surpeuplés à avoir moins d’enfants, de créer une alternative à l’ONU réservée aux pays démocratiques, d’enlever à l’Union européenne le pouvoir de forcer les pays d’Europe à recevoir davantage d’immigrants et réfugiés musulmans, et peut-être même de renvoyer dans leur pays d’origine les musulmans qui se sont montrés incapables de s’adapter à nos lois occidentales laïques.

Il est probable que ces mesures drastiques sont nécessaires. Mais nos politiciens ont décidé de commencer par laisser flotter les rênes puis, lentement et avec beaucoup d’hésitation, de les raccourcir à mesure que les choses vont en empirant sans cesse. Avec de tels politiciens, les islamistes peuvent s’adosser confortablement et profiter du spectacle. La destruction de l’Occident non islamique libre et « perverti » se produira toute seule.

Le monde musulman étant déjà là - sous la forme de milliers de ghettos musulmans en Europe, en Australie et en Amérique du nord - la probabilité d’un conflit violent dans les villes occidentales du monde entier est très élevée.

Nous devons bien mieux comprendre la culture musulmane si nous voulons parvenir à éviter une pareille catastrophe. Nous devons comprendre qu’il n’est pas possible d’intégrer des masses de musulmans dans nos sociétés occidentales. Nous devons comprendre que notre manière occidentale de résoudre les conflits sans affrontement nous fait paraître faibles et vulnérables aux yeux des leaders musulmans. Nous devons comprendre que la culture musulmane est beaucoup plus forte et plus déterminée que notre culture occidentale chargée de culpabilité et d’auto-accusation. Nous devons comprendre que les musulmans ne se sentiront chez eux que dans une culture musulmane et c’est pourquoi leurs exigences religieuses d’une islamisation de l’Occident ne cesseront jamais.

Lorsqu’un religieux islamique populaire déclarera qu’une région musulmane est islamique (ces déclarations sont la tradition de l’islam, et sont prononcées partout dans le monde, en Chine, en Thaïlande, en ex-Yougoslavie, en Russie, en Afrique, etc.) et ordonnera à ses adeptes d’attaquer toute autorité non islamique pénétrant dans la région, nous aurons des guerres civiles. Aucun état ne peut tolérer une telle attaque contre son autorité, et il faudra empêcher que cela survienne et empêcher que cela s’aggrave. Ces zones autonomes « interdites » sont déjà remplies de criminels violents, d’armes et d’extrémistes islamiques. Il est probable qu’ils ne livreront pas leurs armes volontairement aux autorités, et qu’ils ne se livreront pas eux-mêmes. De telles déclarations islamiques ont déjà eu lieu de manière non officielle. Tous les pays d’Europe occidentale ont ce genre de zones « interdites » où les policiers et les autorités sont reçus sous les menaces et sous les jets de pierres ; tout cela pendant que les autorités islamiques comme les imams et les tribunaux islamiques maison gèrent librement ces zones interdites, créant des ghettos musulmans.

Un mouvement populaire composé de citoyens ordinaires se dressant contre la culture immature et psychologiquement malsaine de l’islam, c’est la voie et c’est l’objectif. Rien n’est plus important. Après avoir entendu de la bouche même des musulmans les histoires sur leur culture, leur religion, leurs pays d’origine, les ghettos musulmans, leurs vues sur les non-musulmans, sur la démocratie, sur les femmes et sur la liberté, je n’ai aucun espoir qu’il nous soit possible d’éviter « le sang, la sueur et les larmes » pendant ce conflit. Il faudra beaucoup d’hommes et de femmes idéalistes pendant de nombreuses années avant d’atteindre le point où nous serons certains que notre culture amoureuse de liberté gagnera un pareil conflit. Telles que sont les choses aujourd’hui, cette victoire n’est absolument pas certaine. J’espère que beaucoup de gens courageux se dresseront pour défendre tout ce en quoi nous croyons, et comprendront avec quelle facilité nous pouvons tout perdre. Ils pourraient écrire des lettres à leurs journaux, étudier le Coran et les statistiques criminelles (les deux seules sources nécessaires pour se convaincre que l’immigration musulmane est une très mauvaise idée). Ils pourraient aussi présenter leurs opinions avec assurance quand la conversation vient sur l’islam et l’immigration musulmane, que ce soit au déjeuner, au travail ou dans des repas de famille. Un mouvement populaire composé de citoyens ordinaires se dressant contre la culture immature et psychologiquement malsaine de l’islam, c’est la voie et c’est l’objectif. Rien n’est plus important.

La conférence « Diversité et sécurité dans la ville » donnée le 27 février 2008 a eu pour résultat concret un prétendu « catalogue d’idées ». Ce catalogue comportait plus de 118 idées sur ce que les médias, la police, l’état, les politiciens et les Danois pouvaient faire pour améliorer l’intégration. Il n’y avait pratiquement aucune idée quant à ce que les étrangers eux-mêmes pouvaient faire pour cela.

Source : Muslims and Westerners: The Psychological Differences, New English Review, Mai 2010 Traduction par Hachebé pour Poste de veille.

pris ICI

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Re: Controverse sur la psychologie des idéologies (de l'Islam en l’occurrence)

Message  Meneldil le Dim 12 Déc 2010 - 18:02

Je n'ai pas tout lu, pas le temps du tout en ce moment, mais MERCI ! Teli, d'avoir brillamment démontré la supériorité des historiens sur les psychologues... Rolling Eyes

Je m'explique. La gros problème de ce qu'écrit ce garçon, c'est qu'il ne cesse de parler de la culture musulmane, comme si 1/ il n'y en avait qu'une, et 2/ elle était parfaitement immuable; figée dans le Ciel des Idées. Ce qui cumule à l'évidence deux erreurs grossières. C'est exactement la même erreur que commettent, dans le même but argumentatif exactement, certains chrétiens fondamentalistes, en s'appuyant sur le Coran pour prouver ceci ou cela de l'islam.

Or, de toute évidence, le raisonnement ne tient pas, parce qu'il y a un écart, un très grand écart, entre les textes sacrés d'une religion et la pratique quotidienne de ceux qui s'en réclament. Imaginez la surprise d'un étranger qui se préparerait à un voyage en France, à notre époque ou même dans un passé non encore déchristianisé, en ne lisant que les Evangiles ! Le pauvre, il serait complètement à côté de la plaque, et serait tout penaud de voir que, non, nous ne tendons pas majoritairement la joue gauche, que nous ne pardonnons pas facilement à ceux qui nous ont offensés, et que nous n'aimons que bien peu et bien rarement nos ennemis.

Ici, de la même manière, le danger dans lequel je sens que beaucoup vont donner tête baissée, c'est de faire un rapport essentiel (au sens philosophique du terme) entre la religion musulmane et certaines pratiques et mentalités. Ce qui n'a absolument aucun sens : il y a aujourd'hui dans l'islam des réformateurs qui, s'ils étaient écoutés, façonneraient des mentalités entièrement différentes et bien meilleures ! Certes, ils sont minoritaires et peu écoutés pour le moment, mais ça ne veut strictement rien dire, car ç'a été le cas, à un moment ou à un autre, de tous les mouvements révolutionnaires ou même progressistes.
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Re: Controverse sur la psychologie des idéologies (de l'Islam en l’occurrence)

Message  Telimectar le Dim 12 Déc 2010 - 22:57

Je ne mérite pas tes fleurs, Ô Menel XD je pense juste essayer de faire la part des choses...
En l'occurence je suis très hostile à des théories du type "Huntington", mais je pense qu'il y a quand même un fond de vérité : dans la conscience collective musulmane il y a bien une sorte de revenchardise détestable, une certaine condescendance (en particulier envers la bible, ce livre faux écrit par des hommes, tandis que le coran vient d'un archange), et une assurance d'avoir raison en cela qui est tout bonnement méprisable. La foi est une chose, et parfois, ses limites sont floues pour moi, en particulier par ce que l'Islam est autant une idéologie qu'une religion :
L'islam politique est normal pour un musulman : un christianisme qui le serait de la même façon en occupant toute ses sphères (judiciaire, législatif, politique, religieux) serait à mon sens considéré comme un totalitarisme.

Pour tempérer ma vision de la chose, je suis de ton avis Menel : on ne peut pas juger positivement en bloc une religion, toutefois, en l'occurence et statistique à l'appui, le bonhomme fait uniquement une analyse du "courant majoritaire" de l'islam présent au Dannemark.

Car si des réformateurs voulant réinterpréter les passages de violence et certaines pratiques clairement archaïques (femme inféodée à l'homme etc.), ils restent clairement minoritaires, voir du domaine de l'élite intellectuelle.

Or il y a quand même bien un problème avec l'islam radical pratiqué chez la majorité, et des analyses que je trouve fort juste pour avoir personnellement pu les vérifier - sans vouloir m'étendre j'ai cotoyé plusieurs familles musulmanes "moyennes" et ai un filleul qui y semble destiné... dans mon cas, tout est vérifié (l'article vaut vraiment d'être bu jusqu'à la lie... je t'assure)

Après je pense encore comme toi concernant les dérives qu'un tel texte peut engendrer. Toutefois chacun est responsable, et si une vérité n'est pas digérée, ça reste un problème... de digestion Very Happy et le jour où mon pays m'interdira de dire que je ne pense pas que les religions toutes respectable, et que le blasphème sera puni, alors je le quitterai avec amertume.


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Message  Telimectar le Dim 12 Déc 2010 - 23:12

J'illustre avec les propos du Père H. Boulad, qui est prêtre au Caire, et dont les propos traduisent ma conviction personnelle sur la situation de l'islam, avec le livre "La Maladie de l'Islam" de Abdelwahab Meddeb.
"Ou bien l'islam se réforme, se modernise au sens fort du terme, ou bien nous allons vers une confrontation, une conflagration (...) On dit : l'islam est une religion. Je veux bien. C'est certainement une religion. Incontestablement. Mais à partir du moment où Mohamed a quitté la Mecque pour émigrer vers Médine qui est devenue la cité sainte, à ce moment-là, l'islam a toujours lié le religieux au politique, le religieux au social. Religion et société sont devenues inséparables. Et ceci dure depuis 14 siècles. "

"Toutes les sociétés musulmanes ont été des sociétés intégratives, globales, globalisantes, totales, totalisantes, pour ne pas dire totalitaires (...). La liberté religieuse est un mythe, elle n'existe pas dans une société musulmane (...).La tolérance pour l'islam, c'est que vous êtes toléré comme citoyen de deuxième zone en tant que chrétien ou juif. Si vous êtes bouddhiste, ou hindouiste ou taoïste, vous n'êtes plus toléré. Vous êtes un kafir, c'est-à-dire un apostat. (...). Le voile n'est pas simplement une question de pudeur, c'est un geste politique."

Pour le Père Boulad, l'Occident est bien naïf et se fait avoir au nom de la démocratie. "L'Occident se laisse prendre dans le piège du politiquement correct. Il est de bon ton d'être ouvert à tout le monde, à tous les courants. Et alors avec ça, on avale des couleuvres. (...) Les radicaux sont en train de vouloir conquérir la planète, de façon systématique, il y a un plan de conquête de l'Occident qui est déclaré par eux."

"Ces valeurs que vous (l'Occident) avez conquises de longue lutte, êtes-vous prêts à les défendre ? Elles sont dans vos chartes, mais ces chartes peuvent changer. Elles changeront lorsqu'une majorité sera musulmane, et sera radicale. Elles changeront par le triple jeu de l'immigration, de la démographie et des conversions. Dans 100 ans, l'Occident est musulman et vous vous réveillerez quand il sera trop tard.

"Cet islam radical est négateur d'un certain nombre de valeurs humaines, comme le rôle de la femme, les droits de la femme, les droits de l'Homme, la liberté religieuse, la liberté d'expression, le droit de croire ou de ne pas croire. Tout ça sera balayé, et ça, je le refuse. "

Père Boulad tire un signal d'alarme. Plus encore, il met le doigt sur un problème de civilisation. "Le seul avenir pour l'islam c'est de mettre en face des musulmans libéraux et des musulmans radicaux et de leur dire : "dites-nous ce qu'est l'islam". Le dialogue n'est pas un dialogue islamo-occidental ou islamo-chrétien. C'est un dialogue islamo-musulman. Vous qui dites cela, et vous qui dites le contraire, dites-nous ce qu'est l'islam. Devant l'écran de télévision. "

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Re: Controverse sur la psychologie des idéologies (de l'Islam en l’occurrence)

Message  Meneldil le Mer 15 Déc 2010 - 19:45

Certes, mon père. Wink Mais il y a aussi une chose que beaucoup oublient : pour l'islam, on n'est pas en 2010 mais quelque part dans les années 1400. Ou en était le christianisme dans les années 1400 ? Etait-il franchement ouvert, tolérant, non-violent ? Il faut peut-être aussi laisser un peu de temps à l'islam pour évoluer.

Pour le reste, il faut faire attention à bien nuancer ce que tu dis, je pense.

Tu reproches à l'islam de mélanger religion et politique ? Mais c'est bien naturel : toute religion fait ce mélange, parce que quand on est croyant, la vision qu'on a de la politique est (de manière revendiquée d'ailleurs) influencée par la religion. Et ça a toujours été le cas, même avant les monothéismes ! Les Panathénées à Athènes, le culte impérial à Rome, sont des exemples de religion civique, où politique et religion sont intimement mêlées (on en a d'ailleurs déjà parlé). Et j'insiste : c'est normal. Si vous êtes foncièrement convaincu que Zeus a besoin de l'énergie des sacrifices pour continuer à faire subsister l'univers, il est logique de penser que l'Etat doit assurer la continuation de ces sacrifices.

Les réformateurs sont minoritaires ? Certes, mais j'ai envie de dire, et alors ? Dans l'Eglise romaine, ceux qui pensent qu'il faut que les femmes puissent devenir prêtres sont aussi minoritaires. Et dans l'écologie, ceux qui pensent qu'il faut abandonner le capitalisme le sont aussi. Bref, les cons sont toujours majoritaires. Mais ce n'est pas pour ça que l'écologie, ou le christianisme, ou l'islam sont intrinsèquement pervers ou à jeter.
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Re: Controverse sur la psychologie des idéologies (de l'Islam en l’occurrence)

Message  Zkalpalito le Dim 10 Juin 2012 - 23:43

Nicolai Sennels a une sorte de méthode structuraliste
que l'on peut rapprocher de celle de Wilhelm Reich dans
La Psychologie de masse du fascisme. Voir à ce propos
l'article de Marianne Nizet, qui présente très bien l'ouvrage
de Reich. Cet article est présent dans Les cahiers de psychologie
politique
. Et ce que fait Sennels, c'est de la psychologie politique.
Quand on sait quel rapport Reich a identifié entre la religion et
l'émergence du fascisme, faire un parallèle avec l'islam (considéré
en tant que cocktail idéologico-religieux) ne semble pas du tout
absurde.

Voilà l'article :

Marianne Nizet, « Wilhelm REICH. La Psychologie de masse du fascisme »


Cet ouvrage fut conçu entre 1930 et 1933, alors que l’Allemagne est en crise sociale et politique. Reich est parti de ses travaux sur l’économie sexuelle afin de cerner, par la « psychologie des profondeurs », le succès de la propagande nazie.

Son analyse est novatrice, renversant celles des marxistes qui ne pouvaient, selon lui, appréhender le fascisme par des réflexions intellectuelles datant du siècle précédent.

Il rappelle que l’autorité patriarcale et anti-sexuelle issue de l’ordre social bourgeois (et de la division sociale en classes), que les masses subissent depuis des millénaires, est la base sur laquelle leurs structures caractérielles serviles et mystiques se sont formées. L’assise du capitalisme, et plus précisément du fascisme, qui en est une des concrétisations les plus abouties, avec le libéralisme, n’est alors pas le point de départ de l’histoire d’une nation, d’un parti, d’un führer, mais est inscrite dans l’histoire de la société occidentale entière et donc de tous les hommes qui appartiennent à cette société. La singularité du fascisme n’est donc pas niée mais inscrite dans un processus.

Reich replace alors les masses face à leurs responsabilités, et notamment les couches petites-bourgeoises allemandes qui se rallièrent à l’idéologie dominante de la classe bourgeoise, pourtant en contradiction totale avec leur situation économique insatisfaisante. Il s’avère que c’est à cette foule qui a peur de la liberté, lui préférant la docilité et la répression pulsionnelle et qu’il connaît si bien, puisqu’il en est issu, qu’Hitler s’adressa.

Ne se liant pas aux ouvriers de l’industrie et connaissant une compétition interne très importante de par son statut, la seule entité qui permit de rassembler les membres de la petite-bourgeoisie, et sur laquelle le national-socialisme joua, fut la propriété individuelle défendue par l’institution familiale autoritaire, avec tous les principes moraux que ceci entraîne, à savoir la répression sexuelle, l’inculcation de l’honneur, du devoir…, permettant ainsi une transposition, par la suite, de la mère à la nation et du père à l’Etat.

Le fascisme gagna aussi la classe prolétarienne grâce à l’embourgeoisement progressif, idéologique et parfois matériel, de celle-ci. Reich revient sur le fait que la morale sexuelle n’avait jamais atteint les masses ouvrières auparavant, et qu’elle n’aurait eu aucun effet sur elles si elle n’avait pas été internalisée.

Elle le fût parce que les nationaux-socialistes reprirent à leur compte tous les supports symboliques révolutionnaires en y faisant passer leur programme réactionnaire. Ils avaient effectivement compris que devant des foules de plus en plus apolitiques, de moins en moins empruntes à se donner les moyens matériels d’une révolution totale, il fallait jouer sur les sentiments, la croyance en une libération prochaine facile et méritée à qui de droit, faire naître un nouveau mysticisme issu de celui religieux, et non en appeler à leur raison, comme les communistes l’ont cru à tort.

Le point important du livre est ici : les foules ne furent pas abusées, « violées », selon Reich, par la propagande nazie, mais elles s’y soumirent de leur plein gré. Ce n’est pas alors le fascisme qui a endoctriné les masses, mais ce sont les masses, mystiques, réceptives aux illusions seules, qui ont porté le fascisme au pouvoir.

L’erreur des communistes fut donc d’en appeler à leur raison au lieu de tenter de comprendre les processus psychologiques, en jeu chez l’homme mystique, afin de mieux les combattre. Ils échouèrent alors à vouloir se battre avec les armes d’adversaires réactionnaires, notamment la religion chrétienne qui était en place depuis deux milles ans et dont le pouvoir était ancré dans les profondeurs psycho-sexuelles des masses, pouvoir misant sur le déplacement des énergies vitales, que l’on interdit de se dégager par une vie sexuelle naturelle, au profit d’un sentiment religieux substitutif. L’homme mystique devient incapable de se tourner vers un discours rationnel puisqu’il a perdu le goût du bonheur en même temps que son énergie sexuelle.

Reich explique alors comment l’idéal d’une organisation internationale, pensée par les socialistes, ne se réalisa que sur le plan économique. Les masses ne prirent aucune responsabilité, abandonnant ainsi l’ébauche de toute fondation structurelle et idéologique indispensables à un véritable mouvement universel. Le mouvement international socialiste éclata et se fractionna en de nombreux petits mouvements nationaux, s’opposant les uns aux autres de part leur déception commune. C’est la capacité à s’emparer de cette lacune idéologique des communistes qui fit la puissance des fascismes allemand et italien et leur permit cette internationalisation fulgurante.

Le fascisme et l’église firent bon ménage dans la manipulation des masses de par, nous l’avons déjà vu, l’enchaînement par l’angoisse sexuelle, mais aussi par un semblant de discours anti-capitaliste qui mirent en confiance les foules, de sorte que la confusion régnait à tous les niveaux excepté sur l’illusion que seul le parti nazi, et son führer en tête, connaissait les attentes du peuple et pouvait les satisfaire.

Et si la propagande n’innova pas en s’appuyant sur la conservation et le renforcement de la famille autoritaire, elle le fit cependant sur la théorie raciale, en ayant pour but explicite la préservation de la race aryenne et l’anéantissement du peuple juif.

Le coup de maître fut d’y mêler la sexualité, saine, allemande (pour la procréation et le renouvellement de la race, dans les règles de la religion), d’une part, et sale, juive, française, débauchée, jouissive, source de maladies telle la syphilis, de l’autre, renforçant ainsi le consentement des foules dans leur propre angoisse sexuelle et permettant d’alimenter leur refoulement mystique et nationaliste.

Face à ce phénomène, l’économie sexuelle que propose Reich est une pratique qui consiste à démasquer l’idéologie mystique et à libérer les énergies qu’elle implique afin qu’elles soient réinvesties par chacun dans un combat juste contre l’origine de sa détresse, à savoir sa condition sociale, en vue d’abolir sa soumission volontaire à l’autorité et la perpétuation de l’éducation autoritaire anti-sexuelle qui en découle.

Reich nous fait alors, non pas une prescription idéologique, mais un constat que l’on pourrait qualifier de clinique lorsqu’il conclut que les ouvriers ont vu, dans l’avancée du capitalisme, les conditions d’une libération prochaine mais qu’ils apprirent à leur dépens que les progrès techniques ne font qu’accroître leur misère ; le pouvoir de décider de la tournure de leurs vies ne revint pas aux hommes des masses mais à l’Etat, continuation de la domination des classes dirigeantes sur les foules apeurées de construire leur liberté en dehors du cadre rigide de ce fameux Etat. Mais Reich rappelle que l’Etat fut créé par des esclavagistes grecs et romains, et ce dans le but de conserver et de légitimer leur organisation hiérarchique, et qu’aucun revirement véritable ne peut se faire dans ce cadre-là.

De plus, l’évolution des rapports entre les hommes et leur travail fut un élément déterminant car avec l’essor de la mécanisation, du rendement et du profit, le travail n’est plus une source de joie pour l’ouvrier mais devient au contraire aliénant, non reconnu et non valorisé.

La conclusion de cet ouvrage peut sembler assez noire puisque aucun faux espoir n’est donné par l’auteur. Le constat est sans appel, mais rationnel, et adressé à des personnes rationnelles : L’homme ne sera vraiment libre que lorsqu’il se détachera de la machine, qu’il ne reniera plus son origine animale et qu’il retrouvera alors son autodétermination sexuelle. À cette seule condition travailler redeviendra épanouissant et chacun se sentira, et sera concrètement responsable dans l’organisation de la société car la démocratie ne pourra s’exercer que lorsque toute forme d’idéologie prônant le « non-travail », c’est-à-dire sans intérêt vital, sera éliminée. Ceci revient à dire lorsque les classes dominantes, réprimées sexuellement, n’oppresseront plus sadiquement les masses, sur fond de politique, et que le travail rationnel retrouvera sa place de référence à la base d’une construction sociale réellement humaniste.

Marianne Nizet


PS : désolé je ne peux pas mettre le lien vers la page originale pour cause de... Les nouveaux membres ne sont pas autorisés à poster de liens externes ou des emails pendant 7 jours. Veuillez contacter l’administrateur du forum pour plus d’informations. Very Happy

Bonne nuit Wink

Edit mod : article à lire ici
Désolé, je savais même pas qu'il y avait cette restriction pour les nouveaux membres Laughing
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Re: Controverse sur la psychologie des idéologies (de l'Islam en l’occurrence)

Message  Telimectar le Lun 11 Juin 2012 - 14:45

Vraiment intéressant, un aspect qu'on ne creuse absolument pas en France (du moins chez les historiens). Menel, tu dois le lire en entier, même si les premières phrases peuvent faire peur!

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Re: Controverse sur la psychologie des idéologies (de l'Islam en l’occurrence)

Message  Zkalpalito le Lun 11 Juin 2012 - 16:30

Au tout début du texte, je suis quasiment sûr qu'il y a une faute de frappe.

Son analyse est novatrice, renversant celles des marxistes qui ne pouvaient, selon lui, appréhender le fascisme (que) par des réflexions intellectuelles datant du siècle précédent.

Avec la correction en rouge, c'est bien plus logique.
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Re: Controverse sur la psychologie des idéologies (de l'Islam en l’occurrence)

Message  Telimectar le Lun 11 Juin 2012 - 16:49

Par contre ce qui me frappe, c'est la manière dont tout cela semble s'être mis en place avec naturel, sans calcul, et à plus forte raison, loin des idées de "conspirationisme". Comme si les évènements antérieurs, le "substrat", avaient plus d'importance que les personnages "charismatiques" et leur volonté d'individu.

Ça m'inspire bien des réflexions, comme la manière dont le totalitarisme s'est installé en Allemagne dans les années 30, où je considère qu'il n'y a rien eu de radical dans la mesure où seules des minorités (les juifs, les tziganes, et tant d'autres) ont été touchées : pour le peuple allemand, cela allait sans doute dans le bon sens, exactement comme quand aujourd'hui nous expulsons des sans papiers : cela semble normal aux yeux du public, alors que le libéralisme (qui est appliqué par tous nos gouvernements "occidentaux) pose le principe de libre circulation... bref

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Re: Controverse sur la psychologie des idéologies (de l'Islam en l’occurrence)

Message  Zkalpalito le Lun 11 Juin 2012 - 17:40

-> Tu viens de résumer la logique de la psychologie de masse du fascisme.

Je cite Marianne Nizet pour compléter :

les foules ne furent pas abusées, « violées », selon Reich, par la propagande nazie, mais elles s’y soumirent de leur plein gré. Ce n’est pas alors le fascisme qui a endoctriné les masses, mais ce sont les masses, mystiques, réceptives aux illusions seules, qui ont porté le fascisme au pouvoir.

-> Fascisme et mystification : vaste sujet de recherche d'Histoire moderne*,
de psychologie et même d'ésotérisme (cf. article "Mysticisme nazi" sur Wikipedia).


* contemporaine et non moderne.


Dernière édition par Zkalpalito le Mar 12 Juin 2012 - 1:04, édité 1 fois
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Re: Controverse sur la psychologie des idéologies (de l'Islam en l’occurrence)

Message  Telimectar le Lun 11 Juin 2012 - 23:27

Houla malheureux! d'histoire contemporaine, pas moderne Laughing

Je viens de lire le wiki sur ce mysticisme nazi : Vaste sujet mais intéressant de trouver en biblio des choses écrites par/pour l'Eglise catholique... Comme quoi le sujet n'intéresse pas que les historiens et les sociologues^^

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Re: Controverse sur la psychologie des idéologies (de l'Islam en l’occurrence)

Message  Zkalpalito le Mar 12 Juin 2012 - 0:56

Je cite un extrait d'un travail personnel sur l'Histoire de la folie à l'âge classique de Michel Foucault pour me défendre :

Une certaine appréhension de l’Histoire de la Philosophie aurait plutôt tendance à situer la modernité à partir de Descartes, et donc du XVII° Siècle ; cependant ici Foucault étudie précisément l’Histoire de la folie ; et les dimensions classique et moderne de la folie ne correspondent pas chronologiquement aux dimensions classique et moderne de la Philosophie… L’historicité d’une notion est un objet de connaissance complexe, car l’historien doit, pour la saisir pleinement, penser plusieurs niveaux de chronologie en même temps.

Disons que l'usage du terme moderne a été, dans mon message entaché d'imprudence notionnelle, celui qui est en vigueur du strict point de vue de l'Histoire de la Philosophie... Et évidemment mon usage de ce terme est erroné, dans la mesure où l'on identifie un objet d'appréhension intellectuelle dans un champ d'étude qui est strictement celui de l'Histoire.
Quant à Michel Foucault, il était plutôt habile pour enfumer la tête des gens avec du verbiage parfois incohérent, d'un point de vue logique.

Mais, pour le dire simplement, les usages universitaires du terme "moderne" ne sont pas les mêmes chez les philosophes et les historiens. Même si j'essaye de me décentrer de ma fréquentation d'un département de Philosophie, certaines particularités ressortent dans mon écriture, malheureusement ici sous la forme d'une maladresse...

En dehors de cela, le concept même de modernité est plurivoque, et je dirais même équivoque, voire même erroné, invalide.

Mais c'est vrai, j'ai mélangé les cases officielles de la raison historique... Les totalitarismes et tout le bazar... c'est "de la contempo", comme ils disent... J'aurais dû faire des efforts pour fréquenter un peu plus les historiens et éviter cette erreur, indigne d'une participation à un projet d'une consistance intellectuelle qui m'oblige, et qui me pousse à me retirer quelques temps de ce forum pour ne point attirer sur lui le déshonneur, la facilité ou la sottise.

Mais avant de me retirer, j'aimerais une nouvelle fois interroger cette notion de modernité dans notre rapport à notre propre époque. (Foucault parlait de faire une "ontologie historique de nous-mêmes".) Sommes-nous donc en une époque moderne ? Ne pouvons-nous parler d'Histoire récente qu'en terme de contemporanéité ? Et pourquoi ne pas remettre en cause la distinction historienne entre l'Histoire moderne et contemporaine ? Et pourquoi ne pas précisément considérer le totalitarisme nazi comme un moment précis de réalisation de la sombre partie de la rationalité instrumentale moderne ? Ou plutôt : qu'est-ce qui légitime, et qu'est-ce qui fonde, la naissance des catégories distinguées (Histoire moderne et Histoire contemporaine) ? Est-ce la chute de l'Ancien Régime ? Est-ce l'intensification des échanges, la montée de la bourgeoisie, le développement de l'industrie ?
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Re: Controverse sur la psychologie des idéologies (de l'Islam en l’occurrence)

Message  Telimectar le Mar 12 Juin 2012 - 12:28

Ah! j'adore tes questions! Laughing

Je plaisantais de toute façon, histoire de souligner à quel point on est dogmatique : à la fac on a pu rire longtemps en tentant de recenser toutes les dates qui ont pu être retenues pour le passage de l'époque "médiévale" à la "moderne". Alors qu'objectivement, en France dumoins (pas la même chose à Cuba ou en amérique j'imagine), il n'y a aucune césure...

Le même problème se pose pour l'histoire moderne et contemporaine, et je t'avoue que là encore, les historiens de la fin du XIXeme ont bloqué toute controverse, proclamant l'histoire "science-reine" dans le domaine des sciences sociales... (pfiuu c'est déjà loin ces cours d'épistémologie de l'Histoire. Et rien que le nom du prof te donne une idée de nos souffrances : Lesueur ).

La seule utilité de ces césures c'est l'historiographie qui nous la donne : pratique, dans l'optique "scientifique" de cette fin du XIXeme, pour mieux segmenter la connaissance et faire émerger des spécialistes. Bien entendu c'est spécifique à la France, bien qu'au commencement, nous nous soyons fortement inspiré des allemands.
Les anglais, par contre, ont il me semble une approche plus linéaire.
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Re: Controverse sur la psychologie des idéologies (de l'Islam en l’occurrence)

Message  Zkalpalito le Mar 12 Juin 2012 - 16:34

Merci pour cet éclairage qui relativise quelque peu la gravité de mon erreur Smile
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Re: Controverse sur la psychologie des idéologies (de l'Islam en l’occurrence)

Message  Meneldil le Dim 1 Juil 2012 - 20:20

Mouais enfin, y a pas que les premières lignes qui font peur... Évidemment, il y a plein de trucs intéressants dans ce texte, mais certains passages font frémir. Au hasard Balthazar :

L’homme mystique devient incapable de se tourner vers un discours rationnel puisqu’il a perdu le goût du bonheur en même temps que son énergie sexuelle.

Ca c'est vraiment de l'analyse de comptoir, de la pseudo-philosophie à la petite semaine. Désolé si je suis un peu dur, mais l'anti-religieux primaire ne me semble pas faire avancer les choses. Dire que l'homme mystique n'est capable ni de bonheur, ni de raison, ni d’énergie sexuelle, c'est vraiment vouloir dire le plus de bêtises possibles dans le minimum de mots ! En tout cas, je suis le parfait contre-exemple des trois affirmations... Rolling Eyes

Et ce ne sont pas les esclavagistes grecs et romains qui ont inventé l’État. Je passe, c'est un détail.

Bon, après, c'est vrai qu'il y a d'autres choses très intéressantes dans ce texte. D'ailleurs ce sont pour beaucoup des choses tout à fait répandues chez les historiens. Par exemple, je peux répondre à une de tes questions :

Et pourquoi ne pas précisément considérer le totalitarisme nazi comme un moment précis de réalisation de la sombre partie de la rationalité instrumentale moderne ?

Eh bien on peut dire que tu es le monsieur Jourdain de l'histoire contemporaine ! C'est exactement comme ça que les historiens du nazisme voient ce mouvement aujourd'hui : la réalisation de la sombre partie de la rationalité instrumentale moderne. Georges Bensoussan, entre autres, est très intéressant là-dessus. Il insiste beaucoup sur le fait que le nazisme n'est un moment de barbarie anti-moderne mais au contraire un pic de la rationalité moderne et de la technique contemporaine, et donc, en ce sens, un héritage des Lumières, entre autres.
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