Le "Do it yourself"

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Le "Do it yourself"

Message  Telimectar le Lun 29 Déc 2008 - 0:11

J'en parlerais toujours moins bien que d'autres, alors autant céder la parole à ceux qui, pour moi, arrivent bien à refléter de quoi il s'agit...:

Choppé sur Subsociety

" DIY comme mode de vie


La philosophie du Do It Yourself est caractérisée par les notions d'action, d'indépendance, d'autogestion et de ré-appropriation. Le DIY émerge en réaction à l'aliénation de l'individu qu'a progressivement imposé le modèle capitaliste :

- La dépossession des savoirs-faire qui nous a rendus progressivement dépendant de la société de consommation : Avec l'urbanisation et la généralisation du salariat, l'agriculture ou l'artisanat, par exemple, ont largement disparu des foyers au cours du 20e siècle.

- Le cloisonnement et la parcellisation des tâches sur le modèle du taylorisme, qui éloigne l'ouvrier de sa réalisation, résumant son implication à un travail absurde et répétitif, qui sera d'ailleurs plus tard remplacé par des robots.

- L'instauration implicite d'une concurrence entre individus, chacun devenant une source de profit, une micro-entreprise. Ce phénomène est accentué par le développement important du travail intérimaire et de ce qu'on appelle pudiquement la flexibilité.

L'école nous apprend la passivité et la soumission, nous subissons le travail, nous consommons les loisirs, nous déléguons la gestion de nos vies aux bureaucrates et hommes politiques. La dépendance au système s'est matérialisée en argent et l'initiative individuelle est étouffée dans une culture de l'apathie généralisée entretenue par les médias.

La philosophie DIY n'est pas seulement valable pour le secteur artistique, et ses applications concernent tous les niveaux de la vie. Par exemple, dans la mesure du possible :
- Remplacer un travail salarié par sa propre activité socialement utile.
- Créer son activité politique si ses idées ne sont pas ou peu représentées.
- Manger sur mesure et moins cher, plutôt que d'acheter des plats tout prêt fait hors de prix, dont on ne sait rien du contenu et de la fabrication.
- Faire du sport plutôt qu'en être (télé)spectateur
- Pour les fumeurs, cultiver son propre cannabis plutôt que d'acheter à prix fort du shit souvent coupé qui engraisse la mafia et certaines dictatures.
- Bricoler, faire de la récupération, pour éviter le gaspillage, la pollution, pour boycotter la consommation et les marques, pour faire des économies…

Bref, devenir acteur de sa vie au lieu de la subir. Dans tous les cas, la démarche est beaucoup plus intéressante, on apprend, on expérimente, on comprend, on rencontre… le bénéfice humain est considérable. On évite l'ennui et la morosité tellement répandus dans notre société.

Proche de la pensée situationniste et anarchiste, la philosophie du DIY repose sur une construction des situations en dehors du carcan capitaliste, une révolution du quotidien où la subversion est autant dans la démarche que dans la réalisation finale.

DIY ne veut pas forcément dire " fais-le tout seul ", au contraire, c'est même un synonyme d'autogestion. Quand la réalisation est collective le sentiment d'accomplissement est encore plus fort car en dehors de l'objectif, l'intérêt est encore dans la manière dont le projet a été réalisé. S'organiser sans structure hiérarchique, avec les avantages et les inconvénients que cela implique, ne s'apprend ni à l'école ni en entreprise.

Une perspective intéressante serait de transposer le mode de gestion DIY de la scène alternative à d'autres productions. La création de réseaux de production, de distribution et de trocs alternatifs est encore embryonnaire (sauf dans les pays qui ont eu une rupture économique, comme l'Argentine) mais il est probable qu'elle va s'intensifier à mesure que la pression économique augmente : Prenons l'exemple de l'agriculture : Les producteurs de fruits et légumes vendent à perte aux grossistes et centrales d'achat de la grande distribution qui s'octroie des marges énormes pour un prix de vente final qui ne l'est pas moins. La consommation baisse de 25 à 30% en un an du fait des prix élevés et les stocks d'invendus sont détruits. Résultat (en dehors du gaspillage) : L'acheteur et le producteur n'y trouvent pas leur compte, seul l'intermédiaire s'enrichi. La sacro-sainte loi du marché, celle de l'offre et de la demande, n'est plus vérifiée, en d'autres termes, le capitalisme s'étouffe dans son vomi et laisse une faille pour l'alternative. En rapprochant les acheteurs et le producteur par un réseau informel et logistique co-géré, on contourne le problème. "
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